Les justifications sont nombreuses à l'entretien de ce dialogue, d'ordre ethnologiques, psychosociologiques, économiques, écologiques ou biologiques, toutes vont dans le sens de la reconnaissance et la mise en commun des savoirs et des énergies pour envisager le futur. Les arguments les plus évidents en faveur du dialogue se fondent d'abord sur des dispositions innées de la nature humaine, sociale et angoissée consciente de sa vulnérabilité constitutionnelle. L'homme a besoin de se lier aux autres pour satisfaire de nombreux besoins physiologiques et se sentir en sécurité, mais aussi pour s'épanouir à différents niveaux en tant qu'être doué de raison.
Les échanges au cours de cette relation à l'autre s'établissent au travers d'importants flux et reflux de communication qu'il traduira en fonction de sa capacité de compréhension. L'homme a besoin de pouvoir identifier l'autre, par crainte de l'inconnu, sans quoi il risque de le percevoir comme une menace.
Aspects anthropologiques


Cette propension naturelle chez l'homme à être angoissé, se vérifie notamment lorsque le confort de son environnement immédiat est remis en question ou amené à changer. Ces changements sont souvent perçus comme une menace à l'encontre de ses intérêts ou de sa sécurité. L'étranger et sa différence devient ainsi aisément l'objet de la fixation de ces angoisses.
Pour le docteur Marc Alain Wolf psychiatre canadien et philosophe : « Pour occuper nos esprits inquiets, pour alimenter notre recherche effrénée de causes et de responsables, pour identifier les sources du mal et nous permettre de nous défendre, notre société multiplie les soupçons et les rumeurs de danger ». Ces comportements servent donc à dompter des craintes primitives inconscientes vestiges d'un
développement psychique inachevé, ou d'une inquiétude existentielle indéfinissable.
L'éducation par le dialogue permet de soigner ces maux et de prévenir les fléaux
comme la xénophobie, littéralement « peur de l'étranger » qui est rappelons-
Quatre couleurs, cinq continents, six milliards d'individus, six mille sept cent
langues, cent quatre-
Aucune culture ne peut se targuer d'avoir le monopole de la science, et prétendre pouvoir se passer des acquis scientifiques des autres peuples. Le savoir se trouve disséminé sur terre comme l'héritage de l'humanité toute entière et conforte l'impératif dialogue pour l'acquisition des connaissances et la réalisation du progrès. Les mathématiques, la médecine, la géographie, l'astronomie, la linguistique, depuis l'antiquité toutes ces sciences ont constamment bénéficiées des échanges culturels pour être corrigées et se développer.
Bien des secrets de la médecine ayurvédique ou de la médecine chinoise ne se sont vulgarisés en occident que depuis peu, faute de dialogue et d'intérêt réciproque suffisant. Même les tribus aborigènes en apparence les moins évoluées sont les gardiennes de savoirs utiles pour l'humanité. L'intelligence humaine et l'intelligibilité du monde, ainsi que la variété ethnique et culturelle qu'il abrite, rend le déroulement des échanges utile, constructif et indispensable au bon fonctionnement de la vie.

L'histoire nous aura démontré à maintes reprises que les cultures prônant l'autarcie, ou la domination culturelle despotique sont vouées à péricliter. Il est toutefois opportun de constater qu'en grande partie l'accès à ces connaissances était l'apanage d'une élite intellectuelle marginale, qui fut le précurseur du dialogue des cultures. Aujourd'hui il est question de démocratiser ces échanges et de les réguler.